Mes enfants n’aiment pas l’école ou des débuts ratés et éprouvants

1855776437_1D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours adoré l’école. Je suis rentrée avant mes 3 ans, car née en toute fin d’année, dans une école publique aux effectifs relativement réduits (les écoles de campagne avaient alors du bon). On venait de déménager, ma mère ne travaillait pas, mon frère, de 3 ans mon ainé, était inscrit dans la même école mais la collectivité je ne connaissais pas. C’était en 1988.

En 2013, ma fille a fait sa première rentrée scolaire. A 2 ans et 9 mois, en toute petite section. Un effectif très raisonnable de 22/23 enfants pour une maitresse et une ASTEM. Son expérience de la collectivité était très réduite : je ne travaillais plus depuis sa naissance et elle n’allait à la halte garderie que très occasionnellement. Son petit frère allait avoir 6 mois mais j’arrivais à m’organiser pour lui proposer plusieurs activités dans la journée telles que de la peinture, de la pâte à modeler, des sorties à l’extérieur, etc.

Ce fut une catastrophe… A l’époque, elle ne parlait presque pas. On accusait une relation mère-fille trop fusionnelle, sa non-nécessité de faire l’effort de parler vu que maman comprenait/devinait/anticipait tout. L’école, uniquement le matin, nous avait été recommandé pour débloquer la situation. J’ai été cette maman dont l’enfant a pleuré le matin lors de la dépose en classe. Pas deux jours, pas une semaine. Six semaines ! Elle ne pleurait pas toute la matinée, je vous rassure nous n’aurions pas insisté si ça avait été le cas, mais au moment de la séparation. Elle participait aux activités, mais sans entrain, progressait au niveau moteur mais restait mutique 95% du temps, le pouce vissé à la bouche, ne s’intégrait pas au groupe. A la maison, par contre elle évoluait beaucoup, « communiquait » davantage. C’est cet aspect positif qui nous a fait continuer. On s’était fixé jusqu’à Noël, en faisant des points (très) réguliers avec sa maitresse. Pas la meilleure maitresse du monde, une pédagogie contestable, mais quelqu’un qui aime sincèrement les enfants et semblent vouloir leur bien. A la Toussaint, ma loupiote avait intégré l’idée d’aller à l’école chaque matin sans maman mais toujours sans entrain. J’ai donc fait en sorte de me lier avec quelques mamans, dont les enfants plus « extravertis » allaient petit à petit intégrer ma fille à la dynamique du groupe.  Une réussite très relative puisqu’au final, j’étais plus intégrée que ma fille parmi les enfants de sa classe, L. étant « la petite fille qui ne parlait pas ». Bref, une première année en maternelle très mitigée, où j’ai cent fois voulu abandonner, où j’ai songé maintes fois aux écoles privées en me disant que l’encadrement serait meilleur et même à l’instruction à la maison. Mais finalement, ce qui m’a retenu, ce sont ses progrès significatifs en termes d’autonomie, de dextérité et de communication à la maison. Parce qu’à la maison, elle s’est mise à parler de plus en plus, jusqu’à ce que ça se « débloque » enfin, en juin, une semaine après l’arrêt de l’école…

En 2014, nouvel enseignant, approche différente, connaissance des lieux, ma fille a enfin appris à apprécier l’école. Je crois qu’elle était tout simplement prête. Mille progrès en l’espace d’un an, mon « grand bébé » s’est transformé en petite fille !

2015, contre toute attente, mon fils a une place disponible à l’école. En toute petite section. Il aura exactement 2 ans et 5 mois et demi. P. est extrêmement sociable, timidité quasi nulle, très dégourdi. C’est déjà un petit mec qui n’a plus grand chose du bébé. On se dit qu’il peut vraiment s’y éclater et on a envie de tenter le coup. Il commence à parler, se fait de toute façon très bien comprendre et est déjà très autonome puisqu’il imite tout ce que fait sa grande soeur. Le problème de la propreté n’en ai pas vraiment un insurmontable car la maitresse accepte, pas avec le sourire mais elle accepte quand même, les couches culottes pendant quelques semaines. On ne le stresse donc pas à ce sujet. Notre petit gars étant une vraie éponge, on se dit que très vite il va imiter les autres et être propre aussi. On lui parle de la maitresse, des autres enfants, on le prépare dans les règles de l’art, il semble content d’aller lui aussi à l’école, comme sa soeur.

Bon. Mais nous n’avions pas prévu la phase de régression à l’approche de la rentrée…

Pas besoin d’être extralucide pour deviner que ça ne s’est pas bien passé… Mon petit bonhomme, à la bonne humeur perpétuelle et à l’autonomie impressionnante, n’a pas du tout apprécié l’expérience. Il a bénéficié d’une rentrée décalée, plus en douceur, mais à la fin de la matinée, j’ai récupéré mon fils très éprouvé, en sanglots, qui me baragouinait combien ça avait été dur et qui est resté littéralement collé à moi pendant plus d’une heure. Et aux dires de sa maitresse (et de sa soeur qui l’a vu à la récrée), il aurait pleuré et demandé sa mère et son père constamment…

Je mets mes enfants à l’école pour qu’ils s’épanouissent, s’y amusent, découvrent de nouvelles choses. Je n’ai aucune raison particulière de les y mettre si jeune et j’adore m’en occuper à la maison. Personnellement, le seul intérêt que j’y vois, à cet âge, c’est la sociabilisation. Et certes, dans quelques semaines, je n’aurais pas craché sur 2 heures et demi de « tête à tête » avec mon nouveau-né. Mais j’ai déjà aussi fait avec lors P. était bébé et L. pas encore scolarisée.

Alors si demain, il est pétrifié à l’idée de retourner à l’école, si tout son petit corps se cramponne à moi comme ce midi, je n’insisterais pas. On attendra une année de plus, qu’il soit prêt. Je voudrais qu’il ait plaisir à aller à l’école, qu’il se fasse une fête de retrouver d’autres enfants de son âge, d’y apprendre des choses que je n’ai pas forcément la possibilité ou le temps de lui enseigner. Comme moi quand j’étais gamine. Comme sa soeur aujourd’hui, très heureuse de sa nouvelle maitresse et de retrouver ses copines.

Parce que l’école, il en a pour des années ensuite. Qu’elle n’est pas toujours très adaptée à nos enfants mais elle a le mérite de leur apprendre à vivre ensemble. Que la dureté du monde du travail et du monde en général, c’est là-bas aussi qu’ils peuvent l’intégrer progressivement. Et je préfère qu’ils l’apprennent progressivement au fil des années que violemment d’un seul coup. Et parce que le coeur chamallow de maman à leur égard, sa patience et son indulgence, c’est leur privilège mais malheureusement, ce n’est pas la vraie vie…

 

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